Conjoncture et analyses macroéconomiques

Un grand nombre d’actifs en France sont optimistes quant à leur vie future de retraités, ils s’attendent à une amélioration de leurs relations et de leur vie sociale. Cependant, 45% s’attendent à ce que leur niveau de vie se dégrade à la retraite. C’est ce qui révèle la nouvelle étude mondiale d’HSBC sur «l’Avenir des Retraites ».

Les retraités français confirment ces projections. 23% ont constaté une amélioration de leur vie sociale. Un grand nombre constatent que leurs relations se sont améliorées avec leurs proches. En accord avec les attentes des actifs, 49% des retraités confirment que leur niveau de vie a baissé.

HSBC

Quelles solutions pour améliorer son confort financier à la retraite ?

La retraite peut sembler un sujet lointain lorsque l’on est jeune mais plus on commence à épargner tôt, moins c’est douloureux (cf. post du 02/02/15).

Enfin, en diversifiant vos sources de revenu (épargne salariale, épargne retraite d’entreprise, épargne retraite individuelle), vous éviterez les mauvaises surprises (baisse significative des revenus) liées à la dégradation des régimes publics de retraite qui assurent encore en moyenne 73% des revenus des retraités français (cf. Observatoire des Retraites Européennes Eres: la France atypique).

Les incertitudes entourant le discours de la Fed et le calendrier de remontée des taux aux Etats-Unis, les soubresauts que connaissent les pays émergents, en particulier la Chine, peuvent conduire les investisseurs à se tourner par défaut vers les marchés actions européens.

Plus qu’une zone refuge, le Vieux Continent présente avant tout des fondamentaux solides et offre des opportunités d’investissement attractives.

Faible effet de contagion des pays émergents

Les craintes entourant un atterrissage brutal de l’économie chinoise à la fin de l’été ont secoué les marchés du monde entier, y compris l’Europe.

Le fort ralentissement de la croissance mis en lumière par différentes statistiques a engendré un mouvement de panique et mis en doute la capacité des pays européens à résister à ce choc.

Néanmoins, la publication de chiffres rassurants ces dernières semaines contribue à rassurer les investisseurs.

Jusqu’à présent, la conjoncture dégradée des pays émergents n’a pas remis en cause la dynamique de reprise qui s’amorce en Europe.

Les enquêtes montrent une stabilisation et un net redressement de l’activité manufacturière en France. Les nouvelles prévisions du Fonds monétaire international (FMI), dévoilées au début du mois d’octobre, confortent ce sentiment positif.

Dans le tableau mis à jour par l’institution, alors que les révisions en baisse l’emportent largement sur les hausses, la zone euro tire son épingle du jeu, avec 1,5% de croissance en 2015 et 1,6% en 2016.

Seule une aggravation de la situation en Chine pourrait éventuellement conduire à déstabiliser le Vieux Continent.

Le gouvernement et la banque centrale de Chine disposent toutefois de nombreux outils pour maîtriser un ralentissement de la croissance nécessaire, dans un pays qui vise à accélérer la transition d’une économie industrielle vers une économie davantage orientée vers les services.

Des facteurs de soutien pérennes

La mise en place de réformes structurelles dans différents pays européens, la baisse des prix des matières premières et la dépréciation du cours de l’euro constituent des atouts majeurs pour le développement de l’activité des entreprises implantées en Europe.

Elles affichent dans l’ensemble une santé solide et ont publié des résultats supérieurs aux attentes, au titre du premier semestre 2015. Les prévisions de croissance bénéficiaire n’ont quant à elles pas été révisées à la baisse.

La valorisation des actions européennes est plutôt attractive et suscite l’intérêt des investisseurs en quête de rendement, dans un environnement de taux bas encore pour longtemps.

Cet engouement pour la classe d’actifs se matérialise dans les flux d’investissement. Ainsi, la collecte a atteint plus de 42 milliards d’euros sur les fonds actifs actions européennes (hors fonds mono-pays) depuis le début de l’année jusqu’à fin août 2015,

au détriment des fonds actions anglaises et américaines qui enregistrent respectivement -10 milliards d’euros et -17 milliards d’euros de décollecte.

Horizon dégagé sur le plan monétaire

En grande partie épargnée par la crise chinoise, l’Europe bénéfice d’un environnement favorable, grâce notamment au soutien indéfectible de la Banque centrale européenne (BCE).

Sa politique monétaire accommodante et plus particulièrement le programme de « Quantitative Easing » devraient se poursuivre aussi longtemps que nécessaire, au moins jusqu’en septembre 2016, maintenant les coûts de financement à des niveaux durablement faibles.

La Réserve fédérale des Etats-Unis et la Banque d’Angleterre devraient prochainement accélérer le processus de normalisation de leurs politiques monétaires, anticipé depuis plusieurs mois.

Dès lors, les divergences stratégiques avec la BCE vont s’accentuer et entraîner des conséquences favorables pour les marchés actions européens, avec notamment une nouvelle dépréciation de l’euro face au dollar. >

Chers Clients & Amis

Loin de moi l’idée de minimiser ce qui se passe depuis cet été. Le CAC 40 qui avait atteint 5220 points en avril, a ainsi perdu la quasi totalité des gains acquis en 2015 soit 20% et ne grignote plus à ce jour que 2% environ à 4340 points

La consolidation souhaitable s’est transformée en aversion générale au risque. La Chine a servi de catalyseur à ce mouvement en modifiant sa parité avec le $  le 24/08. Puis ce fut le tour de la décision de la Fed de ne pas relever son taux directeur. Enfin est arrivé le scandale Volksgate avec Volkswagen qui a tripatouillé avec les tests de pollution que le ministère américain de l’environnement (EPA) impose aux voitures vendues aux États-Unis.  A l’amende de 18 milliards $ qui lui pend au bout du nez aux États-Unis seulement s’ajoute la perte  de 25 milliards $ que l’entreprise a subie en Bourse

Je reviens  sur la décision de la FED : Il y a dix jours, pour justifier le maintien de ses taux directeurs à un niveau plancher, Janet Yellen, présidente de la Fed, évoquait pêle-mêle les émergents, la faiblesse de l’inflation et des perspectives mitigées à moyen terme.

Le statu quo monétaire à peine entériné, les marchés ont, sans plus attendre, versé dans un état proche de la neurasthénie. Au point que les membres de la Réserve fédérale – jusqu’à sa présidente, jeudi dernier – ont été contraints de revenir à la barre pour se fendre de commentaires plus rassurants.

Le message est sans ambages, cette fois-ci : l’environnement actuel plaide bel et bien pour une remontée des taux d’ici la fin de l’année.

Une volte-face qui entame un peu la crédibilité de l’instance monétaire au seul motif de rassurer des investisseurs encore trop prompts à céder à la panique.

 Si l’intervention des banques centrales a été déterminante durant la crise financière, cette posture accommodante montre aujourd’hui ses limites.

A trop en faire, elles ont infantilisé les marchés qui se trouvent aujourd’hui dans l’incapacité de prendre l’exacte mesure des indicateurs économiques et, en conséquence, leur responsabilité.

Or contrairement aux montagnes russes dessinées par les indices la semaine passée, les indicateurs publiés simultanément n’ont pas donné lieu à des surprises d’envergure.

Le moteur chinois continue d’être source d’inquiétude avec un PMI manufacturier (Caixing) à 47 points en septembre soit son plus bas niveau depuis six ans et demi.

Parallèlement, les économies occidentales continuent d’envoyer des signes de satisfaction. 

En attendant sûrement un « effet Volkswagen », le baromètre du climat des affaires en Allemagne (Ifo) est ressorti meilleur que prévu en septembre à 108,5 points (contre 108 pts anticipés et 108,3 pts le mois précédent).

De ce côté-ci du Rhin, l’Insee a confirmé le scénario d’une croissance de 1% cette année. Enfin, l’indice PMI (Markit) dans les services aux États-Unis, certes en léger repli par rapport à août, n’en demeure pas moins en ligne avec les attentes à 55,6 points.

En définitive, rien de nouveau que les investisseurs ne savaient déjà !

Si l’on se penche en détails sur les différentes grandes zones géographiques, le constat n’a rien d’alarmant. C’est la conviction que je tire après mes rencontres depuis le début septembre avec les gérants des fonds que nous avons en portefeuilles :

La Chine ralentit, c’est incontestable. Reste à savoir si ce ralentissement est maîtrisé ou si la chute est brutale (hard landing)  . Les chiffres  indiquent plutôt que la Chine se trouverait en bas de cycle.

Il ne me semble pas pourtant que l’on assiste à un effondrement de l’économie. La Chine est de moins en moins l’usine du monde. Le gouvernement chinois entend transformer le modèle économique du pays pour assurer une croissance interne viable, au travers d’une consommation domestique plus forte. Cette transformation prend du temps et n’est pas sans risques. Mais le gouvernement a les moyens, budgétaires, monétaires et politiques, de mener à bien cette mutation.

Le reste du monde risque-t-il de subir gravement le ralentissement chinois ?

Aujourd’hui la réponse des gérants consultés par moi ces dernières semaines est que seule la zone asiatique est directement touchée du fait de sa proximité et de sa dépendance à la Chine. Les autres zones ne sont impactées que partiellement et poursuivent leur route sans grand changement.

Les USA sont toujours sur une tendance positive. La production industrielle a récemment baissé mais, dans le même temps, les services ont fortement progressé. Les créations d’emplois sont toujours fortes (particulièrement pour les cadres) et le taux de chômage devrait continuer à baisser.

Les Etats-Unis ont une économie de plus en plus tournée vers les services et moins vers l’industrie, ce qui ne nuit pas globalement à la croissance. Une hausse des taux est, à nos yeux, plus que jamais d’actualité.

L’Europe poursuit son lent redressement. Les deux moteurs que sont la hausse du dollar et la baisse du pétrole, continuent à agir, de même que le QE de la BCE.

Les exportations sont en hausse, redonnant un dynamisme industriel et une hausse de la confiance. Enfin l’investissement commence à repartir.

On est donc bien loin de la déflation dans ces deux zones. La déflation peut se définir comme une baisse générale des volumes, qui engendre une baisse des prix qui elle-même entraîne une baisse des salaires. S’ensuit une nouvelle baisse des volumes, etc.

C’est un cercle vicieux.

Aujourd’hui nous avons une baisse des prix, mais elle résulte principalement de la chute des matières premières. Il s’agit davantage d’une désinflation. La séquence estivale que nous venons de vivre ne remet pas en cause mon scénario central.

Nous privilégions toujours l’Europe en raison de son niveau dans le cycle économique. Les orages d’été ont souvent pour effet d’assainir l’atmosphère. Il en va de même sur les marchés.

En conclusion je confirme que vos portefeuilles, à l’exception de certains créés en juillet et aout derniers, sont relativement préservés  de la chute des marchés par la présence de fonds flexibles et patrimoniaux dont l’exposition aux marchés actions est finement pilotée par leurs gérants auxquels nous faisons confiance.

Les PER ( prix/bénéfice par action ) qui sont à des niveaux très bas offrent des opportunités intéressantes et permettent de faire son marché sans se hâter d’autant que les autres classes d’actifs ( obligataires, devises et matières premières ) sont peu attractives en raison de leurs faibles rendements.

Je précise que le rendement moyen des actions en 2015 , à savoir le dividende, est de 3,6%.

En conclusion, Il faut  s’attendre encore à des marchés en montagnes russes. Le mois d’octobre est un mois périlleux et la volatilité encore trop forte, d’ailleurs amplifiée par l’environnement des taux proches de Zéro aux USA et en Europe.

Toutefois, vous êtes tous des investisseurs de moyen et long terme, ce qui nous donne  le recul suffisant.

Je vous adresserai courant de semaine prochaine vos relevés de portefeuille et suis prêt dès à présent à répondre à vos questions.

E BLOG DE GILLES GUIBOUT

Au-delà de la baisse !

OPTION FINANCE – 21 SEPTEMBRE 2015 – GILLES GUIBOUT

En août, les inquiétudes sur la croissance mondiale et la proximité d’une possible remontée de ses taux par la Fed ont provoqué une baisse généralisée des marchés actions mondiaux. La correction a été indiscriminée et, chose plus notable encore, de même ampleur pour les différentes zones géographiques – entre 7 et 10 % sur l’ensemble des marchés actions.

Ce type de mouvement correspond assez bien à un abaissement de la pondération des actions au sein des allocations d’actifs. Cela ouvre des fenêtres d’opportunités, tant les dynamiques entre les zones sont différentes.

Aux Etats-Unis, la reprise, bien que contenue, va conduire à une inflexion de la politique de taux zéro, entraînant très certainement un début de compression des multiples de valorisation. Pour les entreprises, les marges bénéficiaires aujourd’hui encore proches de leur plus haut historique devraient s’éroder.

Les pays émergents, même s’ils offrent un potentiel de croissance à long terme indéniable doivent à plus court terme faire face à un certain nombre d’ajustements structurels qui devraient conduire à une contraction du cycle du crédit.

L’Europe, plus particulièrement la zone euro, et plus encore l’Italie, après avoir été perçue depuis près de 5 ans comme l’homme malade de l’économie mondiale, semble aujourd’hui présenter de nombreux atouts pour les investisseurs actions. La Banque centrale européenne a d’ores et déjà réitéré sa volonté de maintenir sa politique monétaire expansionniste au moins pour les 12 prochains mois. La rentabilité des entreprises, largement mise à mal, commence à se redresser, soutenue par la baisse de l’euro, des matières premières, ainsi que par les premiers résultats des réformes structurelles pour les pays qui ont pris la peine d’en faire. Enfin, la récente correction a ramené les valorisations proches de leur moyenne de long terme. Le rendement moyen du marché actions approche 3,5 %, niveau particulièrement attractif au vu des rendements obligataires.

La baisse d’abord limitée depuis que la Chine a dévalué sa devise s’est accélérée en début de semaine.  En effet de nombreux investisseurs ont considéré que la dévaluation de la Chine traduisait, in-fine, une incertitude sur la croissance économique, chinoise d’abord, mondiale en conséquence. Beaucoup ont alors pensé qu’il était temps de liquider des positions sur les actions en anticipation d’une croissance plus basse au niveau mondial, voire même d’une récession.

Un vent de panique, rappelant les journées noires des Krachs précédents a soufflé sur les marchés en début de semaine : lundi, en début de journée, les actions américaines très fortement reculé ;  certaines valeurs perdaient même plus de 20 % à l’ouverture !

À partir de mardi, en ordre dispersé en commençant par l’Asie, puis l’Europe et enfin les États-Unis, les marchés se sont vivement redressés. Le pétrole aussi qui a rebondi de 10% entre mercredi matin et jeudi soir !

Tout d’abord pour des raisons essentiellement techniques et des interventions des Banques centrales, en particulier la Banque centrale chinoise. En effet la Banque centrale chinoise a injecté des liquidités et acheté  des actions pour soutenir le marché. Jeudi, des nouvelles économiques meilleures ont également contribué à une amélioration de l’ambiance.

En bourse, on a coutume de voir qu’un excès chasse l’autre. Mais rarement on a vu une situation de ce type en quelques jours seulement.

Que faut-il retenir de ce qui s’est passé comment anticiper les semaines à venir ?

La leçon principale est qu’une fois de plus, il nous paraît évident que les positions extrêmes dans les portefeuilles doivent être bannies.

En effet, quand un investisseur est en position excessive et qu’une crise survient, il peut être contraint de liquider des positions et cela se fait nécessairement dans de mauvaises conditions : lundi, quelques investisseurs ont été obligé de vendre sur des niveaux de cours très bas ! Par effet de contagion, les ventes se sont accélérées…contraignant d’autres investisseurs à vendre.

Il y avait dans tout cela finalement  peu de rationalité : c’est-à-dire que en fait les nouvelles n’étaient pas telles que des cessions à n’importe quel prix devaient être mises en œuvre. Le rebond qui a suivi n’est finalement rien d’autre qu’une correction des excès précédents et ne traduit pas lui non plus d’un changement survenu dans la nuit de lundi à mardi !

Inutile donc de chercher dans l’évolution récente des motivations pour changer d’allocation.

Regardons un peu les faits à notre disposition :

Pas de grands changements sur l’économie. Les Etats-Unis continuent de croître : 3,7% en rythme annuel à fin juin 2015 ! Même si fin 2015, la croissance américaine se stabilise à 2,5% sur l’année, cela reste solide.

L’Europe repart, encore timidement, mais de manière régulière : la reprise du crédit aux entreprises est enclenchée. Les pays émergents par contre continuent de souffrir…mais c’est le cas depuis plusieurs mois.

Sur le plan des résultats d’entreprises :

Les entreprises américaines ont désormais du mal à progresser. Les résultats atteints étaient tels qu’il était difficile d’envisager une forte progression.

En Europe la situation est un peu meilleure : les résultats continuent de s’améliorer essentiellement d’ailleurs grâce à la faiblesse de l’euro… Plus grâce aux taux bas ou au niveau des matières premières.

Quels sont les principaux risques ?

 Un ralentissement plus fort que prévu en Chine et des conséquences très négatives sur les pays émergents puis sur le reste de l’économie mondiale.Deux conséquences négatives pour l’investissement en actions :

Les résultats des entreprises exportatrices en Europe et aux Etats-Unis.

 Une hausse de l’Euro qui provoquerait un ralentissement de l’Europe.

 La hausse des taux de la FED : même si les investisseurs sont prévenus de longue date, l’ensemble des marchés pourrait souffrir, au moins pendant quelques temps.

Une augmentation du taux d’emprunt pour les entreprises : si les banques, craignant un ralentissement, se mettaient à moins prêter ou à des taux plus élevés, l’effet serait très mauvais pour l’investissement et à terme la croissance.

 En fonction de tous ces éléments, nous sommes investis à environ 75-80% de nos limites en actions ainsi par exemple sur un portefeuille qui peut investir jusqu’à 50% en actions, nous sommes environ à 40%, en privilégiant les valeurs européennes, américaines et très marginalement l’Asie.

 Nous gardons une petite marge pour profiter d’éventuelles faiblesses des marchés actions.

Sur la partie taux, nous sommes très prudents et limitons nos investissement dans les actifs obligataires comportant un risque en capital : les emprunts trop longs ou les emprunts d’entreprises. L’emprunt d’Etat français rapporte moins de 1.10%. Il y a mieux à faire ailleurs !

 

Über, Booking, Airbnb, Amazon… Autant d’entreprises qui se sont développées sur internet et ont profondément changé le secteur d’activité auxquelles elles se sont attaquées. Aujourd’hui de jeunes pousses innovantes s’attaquent au pré carré des banques et des assurances. Si pendant longtemps leurs tentatives ont été ignorées, l’essor précurseur de PayPal dans le paiement en ligne et la montée en puissance des FinTechs, ces acteurs virtuels à l’assaut du crédit, des transferts d’argent, voire de la gestion d’actifs, ont rendu plus circonspect le secteur financier.

Leurs caractéristiques? Allier compétence financière et nouvelles technologies, sources de transparence et de sécurité à leurs yeux. Et elles n’hésitent pas à créer de nouvelles activités : crowdfunding, peer-lending ou robo advisers.

Ces dernières années les usages numériques des clients se sont fortement développés, la fréquentation des agences bancaires a chuté tandis que l’utilisation des applications et de la banque en ligne est en pleine croissance. Menacées d’obsolescence, les banques doivent réagir sans tarder. Et partent à leur tour à la conquête d’internet. Lancement de déclinaisons en ligne (Boursorama, Hello, ING Direct …), incubateurs, partenariats et prises de participation sont autant d’outils mis à contribution par les acteurs traditionnels pour ne pas rater cette vague d’innovation.

Toutefois les start-ups qui allient finance et technologie, les FinTechs, profitent à plein du jeu de concurrence territoriale entre Paris, Londres, San Fransisco et New York. Le gouvernement français a décidé d’accompagner les jeunes entreprises prometteuses en subventionnant incubateurs et label qualité pour rassurer les investisseurs. En face, Londres n’est pas en reste et bataille pour conserver la domination de sa place financière. Mais les FinTechs françaises, loin de s’avouer vaincues, se sont récemment associées au sein d’une association France FinTech pour défendre leurs intérêts.

Les investisseurs devraient attendre que le dossier grec soit clarifié avant de prendre position.

Jocelyn Jovène19.06.2015

Depuis fin mars, les stratégistes de Goldman Sachs ont adopté une attitude neutre à l’égard des actions mondiales, en raison à l’époque de la forte diminution des primes de risque (hausse des multiples non contrebalancée par la révision à la hausse des perspectives de croissance bénéficiaire).

Ils recommandaient à l’époque de mettre en place des protections contre une baisse des indices. Avec la remontée de la volatilité, ils conseillent aujourd’hui aux investisseurs de prendre leurs profits sur ces protections.

Après le début de correction boursière sur fond de regain de volatilité sur les marchés obligataires, ils estiment dans une note datée du 18 juin que le « couple rendement/risque est meilleur en Europe », mais insistent sur une clarification du dossier grec avant d’inciter les investisseurs à s’exposer plus directement à la classe d’actifs.

L’analyse de Goldman Sachs rejoint en partie celle de Morgan Stanley qui estimait récemment que non seulement la valorisation des actions européennes est attrayante, mais que les fondamentaux (macro et micro) tendent depuis peu à s’améliorer.

« Les marchés obligataires ont commencé à se stabiliser et la corrélation actions/obligations devrait redevenir positive », observent les stratégistes de la banque d’affaires. Les rendements obligataires devraient donc se maintenir sur les niveaux actuels, en raison de la poursuite du « QE » de la BCE, de l’évolution lente des anticipations d’inflation et du risque grec, qui pèse sur les obligations « core », d’autant que désormais, les économistes de Goldman Sachs anticipent une remontée des taux de la Fed en décembre.

L’accélération de la croissance aux Etats-Unis devrait alimenter une nouvelle baisse de l’euro face au dollar, ce qui est favorable aux actions européennes, en alimentant une reprise de la croissance des exportations de la zone.

Deux facteurs de risque doivent néanmoins être suivis de près : le dossier grec et la décélération de la croissance des pays émergents. Le cas grec est sans doute le plus important à court terme, avec notamment le défaut technique de la Grèce et l’effet de contagion à d’autres pays (Espagne).

Si la situation devait se dégrader, les économistes de la banque s’attendent à ce que des mesures telles que le contrôle des capitaux ou un regain d’instabilité politique ne créent les conditions d’une nouvelle rechute des marchés actions en Europe.

 

OPTION FINANCE – 15 JUIN 2015 – MICHEL MARTINEZ, SOCIÉTÉ GÉNÉRALE CORPORATE & INVESTMENT

La hausse des taux d’intérêt qui s’est opérée depuis fin avril est impressionnante et révèle que les marchés anticipent des hausses des taux directeurs dès mi-2017. Nous pensons qu’ils surréagissent. La composante cyclique de la reprise sera moins puissante que lors des précédentes reprises économiques. En conséquence, le chômage baissera lentement et les pressions inflationnistes n’ont que peu de chances de se manifester dans les deux ou trois prochaines années. La BCE n’est donc pas près de remonter ses taux directeurs.

A première vue, la déflation semble avoir été évitée. Grâce à la remontée des prix du pétrole et à la baisse de l’euro, l’inflation est passée de – 0,6 % sur un an en janvier à 0,3 % en mai. Grâce aux effets de base, l’inflation devrait même revenir à des niveaux proches de 2 %, la cible de la BCE, au début de 2016. Combiné à la matérialisation de la reprise à des rythmes proches de 1,5 % sur un an et à l’amélioration du marché du travail en Europe (à l’exception de la France), ce retour de l’inflation s’est traduit par une remontée rapide des taux d’intérêt à long terme, le Bund à 10 ans passant de 0,1 % mi-avril à des niveaux proches de 1 %. De même, les marchés monétaires suggèrent que les opérateurs de marché anticipent une première hausse des taux de la BCE au milieu de l’année 2017 (et une fin du programme d’achat de titres obligataires QE dès septembre 2016)

Nous pensons qu’ils sont dans l’erreur, que la BCE continuera ses achats d’actifs et ses opérations de refinancement à long terme au moins jusqu’en 2017. Elle ne remontera ses taux directeurs que plus tard. Selon nous, l’inflation devrait osciller autour de 1,4 %-1,5 % entre 2016 et 2019 – bien en dessous de la cible des 2 %. La raison tient au fait que la composante cyclique de la reprise sera insuffisante pour permettre une fermeture rapide des excès de capacités («output gap») et une baisse rapide du taux de chômage. Nous prévoyons en effet une croissance économique proche de 1,5 % entre 2015 et 2017. Comparée à une croissance potentielle faible, autour de 1 %, la composante cyclique ne serait que de 0,5 pp de PIB par an. A ce rythme, il faudrait quatre ans pour fermer l’output gap et encore plus longtemps pour que le taux de chômage, aujourd’hui à 11,1 %, se rapproche du taux de chômage structurel (estimé à 8,5 % en zone euro). L’histoire, dont l’exemple récent des Etats-Unis, enseigne que ce n’est qu’à ce moment que les pressions salariales se font jour. Sans pressions salariales, l’inflation d’origine domestique (sous-jacente) restera basse. Et ce d’autant plus que de nombreux pays conduisent des réformes sur les marchés des biens et des services (à l’instar de la loi Macron) qui visent à faire baisser les prix des biens et des services.

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Les turbulences traversées par les marchés obligataires, actions et devises ces dernières semaines ont en effet confirmé la perte de flexibilité des marchés financiers. Ces derniers sont devenus vulnérables aux plus petits faux pas hors de l’étroit chemin du scénario parfait : croissance suffisante, soutien monétaire constant et trajectoire d’inflation stabilisée.L’ampleur de la volatilité des marchés dépendra de l’avenir de ces trois dimensions par rapport aux attentes. Il convient donc de s’interroger sur la lucidité des marchés concernant ces trois piliers de la confiance.

A l’issue de cet examen, il ressort que plusieurs fissures coexistent, la moins anticipée par les marchés étant peut-être la possibilité d’un léger rebond d’inflation au second semestre.

La Grèce a encore semé la zizanie sur les marchés financiers en début de semaine. Pourtant, elle n’est pas l’explication principale de la remontée des taux spectaculaire en zone euro notamment sur les pays cœur (environ +50 pb sur le Bund 10 ans et sur l’OAT 10 ans) et ce, malgré le programme de rachat d’actifs mis en place par la BCE. Cet ajustement des taux pourrait être dû aux anticipations d’inflation qui éloignent désormais le spectre de la déflation dans la zone euro. Les estimations d’inflation sous-jacente (0,6%-0,7%) seraient d’ailleurs revues en hausse dans les prochaines semaines. Ainsi lâ•˙indice euro Inflation Swap Forward cinq ans sâ•˙est redressé de son point bas de janvier à 1,48% contre 1,8% aujourdâ•˙hui. L’appréciation du pétrole et les meilleures statistiques de croissance expliqueraient aussi en partie cette hausse des taux qui prend les marchés à contrepieds. Et si cette hausse des taux ne correspondait pas tout simplement à la prise en compte par les investisseurs obligataires d’une amélioration des tendances macro-économiques de la zone euro ?

Signe que les marchés financiers sont finalement bien corrélés entre eux, les actions européennes ont bien corrigé par rapport à leur point haut sans que la dynamique de croissance des bénéfices ne soit pourtant remise en cause. En effet, les publications du premier trimestre des entreprises européennes sont de bonne qualité.

De l’autre côté de l’Atlantique, la Fed s’inquiète de plus en plus du niveau de valorisation des marchés actions pendant que le marché des taux américains paraît désormais entraîné par les mouvements des taux allemands. L’euro a aussi rebondi fortement puisqu’il est revenu un temps tutoyer le niveau des 1,14 contre dollar prenant à revers ceux qui voyaient à très brève échéance la parité entre les deux monnaies. Il est toutefois encore trop tôt pour tirer des conclusions quant à tous ces mouvements violents sur les valorisations des différentes classes d’actifs. Les distorsions et déséquilibres créés par les politiques monétaires accommodantes sont trop complexes pour être correctement anticipées. Humblement par expérience peut-on toutefois penser que les changements de régime de taux constituent souvent des moments de volatilité.

Enfin sur la scène politique, les résultats des élections législatives au Royaume-Uni donneraient les conservateurs comme vainqueurs et proches de la majorité absolue ainsi qu’une large victoire des indépendantistes en Ecosse. La politique économique actuelle ne devrait donc pas être fortement remise en cause en Grande-Bretagne. Cependant le sentiment anti-européen, qui s’y est exacerbé ces dernières années, pourrait être un vrai défi pour les gouvernants, les entreprises et plus généralement l’économie britanniques dans le cadre d’un possible référendum sur l’Europe ou sur l’indépendance des Ecossais…